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Par Emmanuel LE ROCH
Délégué Général de Procos

 

 

 

 

 

Procos a eu le plaisir de publier en février dernier son 3è Palmarès des centres-villes marchands qui prime dans trois catégories : Métropole, Grande ville moyenne et Petite ville moyenne, les villes qui ont su faire évoluer au mieux l’attractivité de leurs centres-villes.


Un plaisir en effet, car c’est l’occasion de mettre en avant les démarches locales, l’action des villes et de leurs équipes travaillant en concertation avec l’ensemble des acteurs de leur territoire. Preuve aussi que rien ne s’obtient sans volonté et stratégie, que les centres-villes vont mieux lorsque les problématiques spécifiques du commerce sont identifiées comme priorités territoriales et prises en charge avec les moyens et compétences nécessaires. Je ne reviendrai pas ici sur les villes primées. Si vous n’en avez pas encore eu l’occasion, vous pourrez prendre connaissance des résultats complets en cliquant ici.


J’ai juste envie de dire bravo et merci ! Bravo aux villes primées, bien entendu, mais aussi à toutes celles qui améliorent au quotidien leur situation en rendant plus attractifs leur territoire, leur coeur de ville et leurs quartiers pour les habitants mais aussi pour les touristes.


Merci également aux femmes et aux hommes qui, partout en France, s’investissent pour rendre leur village, leur ville, leur territoire plus séduisant, plus plaisant à vivre… Car, s’il est souvent question de moyens financiers, il s’agit tout d’abord de volonté et d’investissement humains. Elus locaux, commerçants, citoyens, acteurs économiques, tous ont leur rôle à jouer dans cette démarche globale d’attractivité et de qualité de vie.


Au moment où un grand débat national est engagé, que beaucoup de critiques et de réclamations fusent, que l’insatisfaction domine, les raisons de se réjouir existent également : il convient de le rappeler. Je ne reviendrai pas ici sur le système social français, avec certes ses inconvénients mais néanmoins ses nombreux avantages. Beaucoup d’améliorations doivent et peuvent sans doute y être apportées. Il faut s’adapter à un monde en profonde mutation dans lequel nombreux sont les individus qui manquent de repères et de confiance dans l’avenir.


Chacun connaît l’importance de la consommation, premier moteur de la croissance pour l’économie française d’une part, et pour l’économie locale et l’emploi à travers les magasins, d’autre part. L’INSEE a annoncé un léger rebond de la consommation en janvier. Même si celui-ci est avant tout dû aux achats de voitures et d’énergie, on peut espérer y voir les premières conséquences positives des améliorations du pouvoir d’achat ainsi qu’un début du retour de la confiance des ménages, ce qui permettrait de sortir de l’ambiance de morosité actuelle. Cette confiance doit se rebâtir. Dans une économie mondialisée, le niveau territorial, le lieu de vie des habitants, prend une importance croissante dans l’appréciation que chacun a de sa situation personnelle et de sa propre qualité de vie. Le niveau local est celui dans lequel nous allons devoir investir davantage dans les années à venir. Investir ne signifie pas seulement apporter des moyens mais aussi et, surtout, savoir impliquer davantage les citoyens dans les projets de territoire et la manière dont doit évoluer l’environnement de chacun.

Il est évident que c’est dans cette compréhension des spécificités territoriales, des attentes locales des habitants, que les collectivités vont devoir co-construire la ville et la vie de demain.

 

Les prochains mois seront ceux de la mise en oeuvre des dispositions de la loi Elan. Les élus locaux vont disposer de nouveaux outils réglementaires. On pourra alors peut-être constater la première étape d’une dynamique positive, avec une opportunité pour mieux travailler ensemble, pour co-construire l’intégrationdu commerce dans les territoires. Ou, au contraire, sera-t-il surtout question pour certaines villes de se protéger contre ce qui pourrait se passer dans les territoires limitrophes, prolongeant ainsi la « bonne vieillelogique » de la concurrence entre les composantes d’un même territoire, ville-centre contre périphérie, comment faire pour bloquer le projet de l’autre par exemple. Ce n’est pas ainsi que l’on permet à des acteurs économiques et à une société de s’adapter. Le journal Le Monde le rappelait récemment (*), la première cause de l’étalement urbain (50 % de l’artificialisation des sols en France) est liée à la construction de maisons individuelles. Et, 80% des Français considèrent la maison individuelle comme le logement idéal. Les vraies questions d’urbanisme, les choix sociétaux dépassent largement le cas de l’urbanisme commercial. Il ne suffit pas de « décréter » pour que les habitants adhèrent et changent leur idéal de mode de vie.

 

Les visions pour les années à venir doivent être différentes selon les typologies de territoire et les aspirations des habitants.


Il faut construire un projet global commun, définir des axes majeurs partagés au niveau national puis ensuite se donner des latitudes pour des adaptations locales correspondant à la vraie vie des gens. C’est difficile, mais impératif. Produire des normes nationales, inapplicables et incompréhensibles localement n’a pas de sens. A l’inverse, sans contraintes et objectifs clairs, aucune amélioration n’est possible.


Les territoires doivent marquer leur différence. C’est dans cette différence que l’on retrouvera du sens, de la qualité de vie et non dans l’uniformité ou la duplication. Chaque ville, chaque territoire doit inventer son futur. Il en va de la responsabilité des élus en tant que leaders d’adapter progressivement (niveau et rythme), leur territoire à la vie future et à ses nouveaux impératifs donnés par les objectifs nationaux (prise en compte des ressources de la planète, par exemple).


Mais, il relève aussi de leur responsabilité d’entraînerl’ensemble des acteurs, notamment les acteurs économiques et particulièrement ceux du commerce. Ces derniers étant présents dans tous les profils de territoire, leur rôle économique et social est essentiel localement. Les élus doivent «embarquer» les acteurs du commerce, en respectant leur diversité voire en la confortant car elle est contributive de la typicité de chaque ville, chaque commune en respectant les fondamentaux de leurs activités.


Les mois à venir doivent être ceux de la reconstruction de la confiance des Français, mais, également être mis à profit pour reconstruire, lorsqu’elle a été fragilisée, la confiance entre élus locaux et acteurs du commerce. Les sorts de chacun sont intimementliés. Le commerce est une force irremplaçable de la relation humaine et sociale dans les rues et les lieux de vie, partout en France.


Procos fait sien cet objectif et défend la conviction que le commerce de demain sera bien entendu digital mais devra, avant tout, être humain. Nous en avons fait le thème central de notre Assemblée Générale qui se tiendra le 26 mars prochain «Le commerce de demain sera physique, digital mais surtout… humain » (**).


(*) Maisons individuelles, quand l’urbanisme échoue à enrayer le rêve pavillonnaire, Grégoire ALLIX, 1er mars 2019
(**) Accès réservé. Si vous souhaitez assister à la partie conférences de notre journée du 26 mars, merci d’adresser votre demande à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.